Le mot du président Nous contacter Piolet club Genève, Rue Agasse 54, 1208 Genève

Le mot du Président

{« L’alpiniste Elisabeth Revol qui a tenté et réussi l’ascension hivernale du Nanga Parbat aux pentes très raides et  glacées , surnommée la montagne tueuse à 8126m. dans le Kashmir pakistanais avec son compagnon de cordée s’est exposée à des énormes difficultés en toute connaissance de cause , les alpinistes de très haut niveau sont pleinement conscients des problèmes qui peuvent survenir à ces altitudes extrêmes et davantage encore en hiver , des températures ressenties de -40° , des vents violents en pleine face , un oxygène raréfié , et en choisissant de gravir à la façon « légère et rapide «  c'est-à-dire sans sherpas , sans matériel lourd et avec de la nourriture pesée au plus juste en fonction du timing qu’ils se sont engagés à tenir, livrés à eux-mêmes , ne pouvant  pas compter sur une aide efficace et rapide de la part d’une équipe de sauveteurs qui ne serait de toute façon pas prête à intervenir et à foncer à leur secours sur ordre.

Cela aurait pu se passer « normalement « mais les grains de sable guettent, après la victoire du sommet atteint, au premier jour de descente, le compagnon de cordée signale qu’il souffre d’ophtalmie des neiges, de gelures aux pieds et aux mains, il semble en plus développer des œdèmes cérébral et pulmonaire, il n’a plus la force de se déplacer ….

Elisabeth souffre aussi, bien que la météo ne soit pas à la tempête. L’épuisement du compagnon à plus de 7000m. déclenche l’idée de devoir prendre une tragique décision, abandonner son co-équipier et descendre seule pour sauver sa peau s’il en est encore temps !  Elle avise par téléphone satellite son « routeur « de sa décision.

Elle parvient encore à descendre un peu, épuisée, affamée, déshydratée, souffrant du froid ! Pendant ce temps les secours s’organisent avec l’armée pakistanaise, la seule à pouvoir intervenir par hélicoptère dans ces montagnes moyennant un paiement cash payé d’avance pour lancer les recherches.

Près de là des alpinistes polonais, également de très haut niveau, se préparent à une ascension du K2. En apprenant la nouvelle, quatre d’entre eux se portent au secours d’Elisabeth, transportés à 6000m. par les deux hélicoptères de l’armée. Deux alpinistes restent  au camp et deux autres montent incroyablement vite les 1200m. les séparant et parviennent à redescendre jusqu’aux hélicos la rescapée qui est transportée dans un hôpital à Islamabad puis à Sallanches où ses gelures sont traitées par un médecin spécialisé dans les accidents de haute montagne et simultanément aux hôpitaux Universitaires de Genève avec des séances en caisson hyperbare afin d’améliorer la circulation sanguine et ainsi lui éviter au maximum des amputations aux mains et aux pieds . Une fois les esprits redescendus sur terre, ce ne doit pas être facile de revoir le long film de cette tragédie, en ajoutant la pression médiatique et les critiques dont toute expédition se passerait avec bonheur !!!  Et ensuite la vie doit continuer …… »}

Jean-Paul.


2015

Abandonner