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LE MOT DU PRESIDENT

Le glacier du Giètro surplombe la vallée de Bagnes avec sa langue de glace menaçante.

Dès 1811 des blocs de glace tombent du glacier et obstruent le cours de la Drance au niveau actuel du barrage de Mauvoisin.

Après une année sans été, l’amoncellement de blocs de glace à Mauvoisin durcit, se transforme en mur et bouche le passage de la rivière, un lac se forme et l’eau s’accumule.

La débâcle est inévitable et à 16h. ce 16 juin 1818 Ignace Venetz, ingénieur cantonal entend un bruit terrible, les derniers remparts de glace cèdent, les flots s’échappent avec fracas et descendent la vallée, la vague déferle avec force.

L’eau arrache tout sur son passage, elle s’engouffre dans le défilé de Mauvoisin à 7m. au-dessus du pont qui éclate. Chargée de blocs de pierre elle déboule dans le vallon, les pâturages deviennent plaines de cailloux et de rocs, les pentes boisées de Fionnay grossissent et accélèrent la vague.

En ravinant les flancs de la montagne, la vague s’amplifie chargée de débris de forêt, de terre, de pierres et s’abat sur Lourtier, 16 maisons et des dizaines de ruraux, écuries, raccards sont détruits.

Le lac se vide en une demi-heure, temps pendant lequel les riverains s’abritent comme ils le peuvent, en 40mn. La débâcle atteint le Châble, l’onde s’élève à plus de 15m. au-dessus du lit de la Dranse. La vague tue 4 adultes et un enfant à Sembrancher, champs et jardins sont anéantis, les digues sont détruites et ses berges fragilisées quand la vague arrive à Martigny-Bourg puis se divise en trois colonnes et toute sa masse s’étale dans la plaine avant de rejoindre le Rhône en divers points.

En ville de Martigny plusieurs personnes échappent à la noyade en s’agrippant aux débris de bois, quelques personnes meurent en essayant d’en sauver d’autres, et plus tard la Dranse retrouve son débit habituel.

Il y a aujourd’hui 201 ans, le tunnel creusé à la pioche dans le cône de glace par Venetz a affaiblit le mur qui se romps sous la pression de la masse d’eau. Grâce à la rapidité d’intervention de l’ingénieur et de l’esprit de décision des travaux, les dégâts ont été limités. Cette débâcle se serait de toute façon produite, les conséquences auraient été encore bien plus importantes sans l’intervention éclairée de cet homme devenu un héros dans le Valais.

Jean-Paul

LA DEBACLE DU GIETRO